La création d’une auto-entreprise, dont le nom officiel est micro-entreprise, se fait en ligne auprès du guichet unique des formalités des entreprises. Une fois le dossier déposé, le numéro Siret arrive en général au bout de quelques jours à quelques semaines. Cet article détaille les conditions, la déclaration, les délais, le coût réel et les premières obligations.
Qui peut créer une auto-entreprise
Il faut être majeur (ou mineur émancipé), résider régulièrement en France et ne faire l’objet d’aucune interdiction de gérer. Auto-entreprise et micro-entreprise désignent le même régime depuis 2016.
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Le cumul est possible avec un emploi salarié, des études, la retraite ou une période de chômage. Dans le cas d’un salarié, la clause d’exclusivité du contrat de travail doit être vérifiée avant de se lancer.
Activité, adresse et compte bancaire avant l’inscription
La nature de l’activité (commerciale, artisanale ou libérale) détermine le taux de cotisations et le plafond de chiffre d’affaires. En 2026, ce plafond est de 203 100 € HT pour la vente de marchandises et de 83 600 € HT pour les prestations de services et les professions libérales. La première année, il est proratisé selon la date de début d’activité.
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Le régime n’est perdu qu’en cas de dépassement deux années de suite. L’adresse de l’entreprise peut être votre domicile, et un compte bancaire dédié à l’activité devient obligatoire selon le niveau de chiffre d’affaires.
Si l’activité prévoit un site vitrine, pensez dès cette étape à l’entretien d’un site web professionnel, surtout avec une clientèle étrangère.
La déclaration en ligne sur le guichet unique, étape par étape
Vous créez d’abord un compte sur le guichet unique, puis vous remplissez le formulaire de déclaration de début d’activité. Il demande votre identité, l’adresse de l’entreprise, la description précise de l’activité et la date de début.
Des pièces justificatives sont à joindre, en général une pièce d’identité et une déclaration de non-condamnation, avec un justificatif de domicile selon les cas. Le guichet indique la liste exacte à l’écran, selon votre situation.

Le formulaire propose aussi deux choix. Le premier est la périodicité de déclaration du chiffre d’affaires, mensuelle ou trimestrielle. Le second est l’option pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, soumise à une condition de revenu fiscal de référence.
Délais : du dépôt du dossier au numéro Siret
Après le dépôt, le dossier est traité, puis l’Insee attribue le numéro Siret et le code APE. Le délai varie de quelques jours à quelques semaines selon la période et la complétude du dossier.
L’état d’avancement se suit dans votre espace personnel du guichet. Un rejet vient le plus souvent d’une pièce manquante ou illisible, d’une activité décrite trop vaguement ou d’une incohérence d’adresse. Il se corrige directement depuis le tableau de bord, sans repartir de zéro.
Ce que coûte vraiment la création d’une micro-entreprise
Le coût principal n’est pas l’inscription mais les cotisations, calculées sur le chiffre d’affaires encaissé. Sans vente, elles sont nulles. La contribution à la formation professionnelle s’ajoute à ces cotisations.
Avant de payer quoi que ce soit, vérifiez l’adresse du site sur lequel vous faites la démarche. Des services intermédiaires facturent une formalité que le guichet officiel permet de faire soi-même, et leur présentation ressemble parfois à celle d’un service public. Un devis qui s’ajoute à la démarche doit correspondre à un accompagnement que vous avez réellement demandé.
Certains métiers de l’artisanat demandent en plus une immatriculation à un registre professionnel, avec ses propres frais.
Les obligations qui commencent dès la création : cotisations, ACRE et TVA
Le chiffre d’affaires se déclare à l’Urssaf à chaque échéance, même quand il est nul. Après 24 mois ou 8 trimestres consécutifs sans chiffre d’affaires déclaré, la micro-entreprise est radiée d’office.
Les taux de cotisations 2026 dépendent de l’activité :
- 12,3 % pour la vente de marchandises ;
- 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales ;
- 25,6 % pour les professions libérales non réglementées, et 23,2 % pour celles relevant de la Cipav.

L’ACRE ramène les cotisations à 75 % du taux normal, soit une réduction de 25 %, jusqu’à la fin du troisième trimestre civil suivant le début d’activité. Elle n’est pas automatique : il faut la demander à l’Urssaf dans les 60 jours, sous conditions (par exemple être demandeur d’emploi indemnisé ou avoir entre 18 et 25 ans).
La TVA ne s’applique pas tant que le chiffre d’affaires reste sous les seuils de franchise en base, inchangés en 2026 : 85 000 € pour la vente et 37 500 € pour les services. Côté assurances, l’assurance professionnelle se choisit selon l’activité, et un véhicule utilisé pour travailler change la façon de lire le prix de l’assurance auto.
Une fois l’activité lancée, un portail de gestion d’entreprise aide à suivre factures, déclarations et échéances.
Les factures doivent porter les mentions obligatoires de l’entreprise, dont le numéro Siret reçu à l’issue de la déclaration. Le dépassement des plafonds de chiffre d’affaires deux années consécutives fait sortir du régime, et c’est le seul changement de statut imposé par les chiffres.

